Forum des idées pour le Québec – Vivre l’innovation (et l’économie numérique)

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Cette fin de semaine avait lieu le Forum des idées pour le Québec organisé par le Parti libéral du Québec sur la thématique « Vivre l’innovation ». J’ai pu y assister à travers la diffusion Web (nous étions en moyenne une cinquantaine à le faire).

Plusieurs chantiers ont été abordés :

1. Qu’espérer de l’innovation à l’heure actuelle et comment la soutenir?

Les intervenants ont été intéressants, ils ont parlé d’innovation entrepreneuriale, des PME, de l’exportation, du secteur manufacturier, de l’emploi, de la création de richesse, de la nécessité de penser l’internationalisation des marchés, penser plus large que le Québec comme marché dès le départ (Jacques Nantel).

Mais, il n’y a eu aucun moment où les mots « innovation sociale » ont été énoncés comme vecteur de création de valeur. C’est pourtant le point de départ de ce que nous inventons et créons pour améliorer la qualité de vie des consommateurs, des usagers, des citoyens. Que l’on soit une organisation privée (grande entreprise, PME, startup), une organisation publique (gouvernement, société d’État, OBNL, ONG) ou un mixte des deux (mouvement des coopératives), l’innovation sociale est un incontournable. Il ne faut pas penser que l’innovation sociale est le seul apanage des organisations de l’économie sociale, c’est aussi un cadre de référence que les entreprises doivent aussi intégrer dans leur cadre de référence, c’est l’ère des entrepreneurs sociaux. Le rapport L’innovation radicale : l’innovation sociale, moteur de développement des affaires de KMPG présente ces nouveaux modèles d’entreprise axés sur un objectif de rendement mixte – social et économique.

« La certification B Corp (B Corp Certification) est accordée aux sociétés conventionnelles à but lucratif qui répondent à des normes élevées de rendement social et environnemental et qui tiennent compte de l’incidence de leurs  activités sur l’ensemble des parties prenantes. Des sociétés bien connues comme  Patagonia et Ben & Jerry’s Ice Cream font partie de la communauté des B Corp. »

D’ailleurs, lorsque j’étais président d’une coopérative de solidarité, j’ai participé à plusieurs événements du mouvement des coopératives au Québec. Un colloque international en 2010 avait convié 600 participants à Lévis.  Le discours de Felice Scalvini, alors vice-président de l’Alliance coopérative internationale a été très inspirant. Voici sont allocution : Démocratisation de l’économie : l’enjeu de la « biodiversité » entrepreneuriale.

Il faut sortir de la monoculture capitaliste et aller vers une biodiversité entrepreneuriale. – Felice Scalvini

2. L’innovation en santé et services sociaux

Très certainement un des thèmes les plus critiques dans nos sociétés occidentales. La présentation de Daniel J. Lyons, associé principal, Oliver Wyman, Santé et Sciences de la vie, a permis de présenter les défis et surtout la possibilité de transformer les choses.

«Don’t digitize the old. Invest in new models»

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Directement dans cette orientation, les réflexions de Pierre-Léonard Harvey, un intellectuel de la transformation de nos sociétés par le design communautique des systèmes d’innovations en santé pour le Québec.

3. Une stratégie numérique pour le Québec avec Michel Cartier, le point de vue d’un de nos grands intellectuels

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Après plusieurs années, toujours un regard neuf, allumé, souvent inquiet, toujours et encore plus aujourd’hui, soucieux des enfants qui suivront. Ce qui m’a plus frappé cette fois, c’est son constat des deux Québec, ceux des 50 ans et plus et ceux des 50 ans et moins. Une fracture générationnelle au niveau de la communication et de la compréhension mutuelle, accentué par l’ère des réseaux et du numérique. Il faut agir maintenant. Pour voir la société numérique et québécoise à venir, visitez www.21siecle.com.

Le PLQ a 1 défi. Il y a 50 ans il nous a donné l’électricité. Il doit donner le numérique! » – M. Cartier

Societe-numerique-Michel-Cartier-21siecle-2014-1

Aussi, une entrevue très récente et intime de Michel Cartier réalisée par Martin Lessard :

Finalement, LA Michelle Blanc, qui amuse la foule avec ses propos théâtraux, mais qui fait encore des constats pertinents et tristement vrais! L’économie numérique est partout, mais mal valorisée et gérée par les gouvernements. Malgré les efforts cumulés de beaucoup de gens depuis 2008 pour mettre en oeuvre la création d’un plan numérique, nous n’avons pas grand-chose de concert devant nous.

Pour terminer, voici deux citations Twitter de Sylvain !

  • 15% du 21e siècle est au passé. Faudrait pas gaspiller l’autre 85%. L’ère de la société en réseau, c’est maintenant. – @sylvain
  • « Le numérique ce n’est plus la techno, ce sont des usages et de la culture » selon @RatierD – @sylvain

AJOUT 15 septembre

Forum des idées pour le Québec – Virage numérique enclenché

 

 

Utilisation des TI en éducation, standards et badges numériques ouverts

GTN-Quebec

Le rapport d’étude Perspectives sur l’utilisation des TI en éducation au Québec rédigé par Pierre Drouin, Pierre-Julien Guay, Marc Ouimet et Marc-Antoine Parent et publié en 2014 par GNT-Québec présente plusieurs points très intéressants sur les nouvelles tendances et surtout sur l’importance des formats ouverts et les standards.

« Ce rapport identifie les tendances majeures dans le domaine de la technologie et des pratiques (l’infonuagique, les données, la mobilité et l’éducation ouverte), ainsi que les enjeux associés et les composantes d’un modèle d’écologie d’apprentissage. »

Dans ce contexte, les badges numériques ouverts (Openbadges) sont directement alignés avec cette nécessité de développer une interopérabilité et une pérennité de la validation des apprentissages et des compétences.

« L’utilisation d’une approche commune de représentation des compétences favorise le processus de détermination des préalables et la reconnaissance des acquis. Il devient également possible d’associer dans un système une activité d’apprentissage ou un élément de portfolio, ce qui optimise le processus d’évaluation. Enfin, ces compétences peuvent être reconnues sous forme de badges numériques, tel que proposé par l’initiative OpenBadges. »

En conclusion du rapport, il propose la mise sur pied d’un portail citoyen à l’éducation et à la formation tout au long de la vie qui permettrait, en utilisant les normes appropriées:

  • de regrouper les offres d’enseignement formel et informel, y compris des cours en ligne
    offerts à tous (MOOC) associant des dispositifs de reconnaissance des acquis sur forme
    de badges
  • d’y associer un référentiel national de compétences basé sur une approche sémantique
    permettant l’interopérabilité avec d’autres pays
  • de se doter d’un réseau fédéré d’évènements de recherche universitaire accessible aux
    citoyens et à l’industrie
  • de décrire et partager, à l’échelle de la francophonie, les ressources éducatives produites
    au Québec et de bénéficier de celles produites ailleurs.

Badge numérique et valorisation des compétences

OpenBadge-MacArthur-Fondation

L’arrivée des badges numériques (Digital Badges) s’inscrit dans la transformation, déjà en route, de la manière d’évaluer et de valoriser les compétences acquises lors de diverses formations.

En continuité avec les insignes militaires et celles des Scouts (louveteaux dans mon cas), les macarons et les « patchs », les badges numériques sont à la fois ludiques et commerciaux, à travers le monde des jeux vidéos, du commerce social (comme Foursquare) et des services et des applications mobiles.

Le monde de l’éducation et de l’apprentissage est aussi bousculé  dans cette ère du numérique.

Augmenter la motivation

Un premier niveau d’usage est l’utilisation des badges numériques pour l’augmentation de la motivation et de la participation des apprenants en ajoutant une interface ludique proche de celles des jeux vidéos. L’exemple des plateformes d’apprentissage (LMS) tel que Moodle qui ajoute des badges dans les profils (depuis la version 2.5) ou des services Web d’accompagnement de classe comme Classcraft.

Valider et valoriser les compétences

Un deuxième usage se concrétise, soit les badges numériques pour la représentation et la certification des apprentissages et des compétences. Denys Lamontagne en parlais sur TOTH Cursus :

« Son objectif est de permettre la création et la gestion d’un portefeuille de certifications et de reconnaissances en fonction de ce que l’on a appris tout au long de sa vie, dans un cadre formel d’enseignement aussi bien que dans ses loisirs, ses études autonomes ou son bénévolat. »

Présentation des badges numériques par la Fondation MacArthur :

La composition d’un badge

Concrètement, un badge numérique est une image avec des métadonnées qui se compose d’information pertinente.

Anatomie d’un badge numérique 

anatomie-badge-numerique

Exemple de métadonnées d’un badge

digitalBadgeJSON-metadata

 Vers un format ouvert des badges numériques

OpenBadges-logo

La fondation Mozilla a créé Openbadges, un standard ouvert de collecte, de gestion et de promotion de badges numériques. La clé ici est l’interopérabilité. Selon l’article Des badges numériques pour reconnaître le savoir-être? de Luc Blain (@LucBlain) :

« Open Badges est un standard en ligne de reconnaissance et de vérification de l’apprentissage. Les Open Badges de Mozilla sont un système de badges sur lequel la fondation Mozilla a travaillé en collaboration avec la Fondation MacArthurOpen Badges permet de vérifier les habiletés, les intérêts et les réalisations d’un individu et sont reconnus par des organisations crédibles. Parce que ce système est ouvert, il est possible de combiner plusieurs badges provenant de différents émetteurs. »

Ils ont aussi développé le le service Backpack afin de permettre de gérer les badges provenant de plusieurs sources.

En terminant, voici une vidéo qui présente bien les différents aspects des badges numériques :


À mon avis, les badges numériques vont très certainement bousculer et transformer la chaîne de valeur de l’éducation et de l’apprentissage dans un avenir pas si lointain.

ChallengeU et Classcraft : deux startups en éducation à suivre

Voici deux startups québécoises en éducation à découvrir et à suivre. Ils ont travaillé très fort cet été pour offrir une nouvelle version de leur plateforme et de leur service. Une nouvelle expérience aux usagers cet automne, juste à temps pour la rentrée scolaire.

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ChallengeU, anciennement connu sous Didacti, veut devenir un joueur majeur dans le secteur des plateformes de création, d’agrégation et de partage de contenu pédagogique (activité d’apprentissage). Démarré par David Chartrand (@davichart), un enseignant en mathématique qui ne trouvait pas ce qu’il voulait sur Internet, la plateforme est entièrement Web en HTML 5. Elle est très orientée expérience utilisateur, simplicité et efficacité. Boudée par plusieurs au départ, sa startup compte aujourd’hui une équipe de près de 20 personnes afin de conquérir le monde de l’éducation et de l’apprentissage, en français et en anglais.

Slogan : Enseignez autrement

Vous pouvez suivre @ChallengeU_Fr sur Twitter, Challenge U Francophonie sur Facebook.

Plus d’information :

logo-Classcraft-2014

Classcraft propose une plateforme de jeu de rôle pour accompagner l’apprentissage en classe. Le projet a été créé par Shawn Young, québécois d’origine et enseignant de physique au secondaire, qui cherchait un moyen d’améliorer l’interaction avec les étudiants dans sa classe. À ce jour, 7000 professeurs dans 50 pays différents ont adopté Classcraft comme supplément à l’éducation dans leur salle de classe.  Plus d’un million d’élèves sont attendus pour cet automne.

Slogan : Faire de l’apprentissage une aventure

Vous pouvez suivre @classcraftgame sur Twitter, Classcraft sur Facebook.

Plus d’information :

Rencontre Visualisation Montréal et Livre blanc Data + Design

Hier avait lieu la première rencontre d’un nouveau groupe sur la visualisation de données à la Maison Notman.

Près de 100 personnes étaient présentes pour faire connaissance.

logo-visualisationmontreal

Visualisation Montréal: Introduction

Introduction: Qu’est-ce que la visualisation de données? Pourquoi un groupe de rencontre? (Francis Gagnon)

Projets de visualisation par des experts montréalais

Entreprises et projets locaux (Trina Chiasson) avec
• Audrée Lapierre de FFunction
• Chris Parmer de Plotly
• Philippe Nieuwbourg du Data Science Institute
• Francis Gagnon de Voilà
• Leo Gourven de Dataveyes

Journalisme de données (Roberto Rocha)
• Thomas de Lorimier from La Presse

Autres initiatives (Ginette Law)
• David Chouinard de Harvard
• Trina Chiasson et Ginette Law et le Data + Design e-Book
• Ramnath Vaidya de Rcharts.io

En prime, le lancement d’un livre blanc (white paper) / toolkit sur la visualisation des données coécrit par près de 50 collaborateurs.

DATA + DESIGN a simple introduction to preparing and visualizing information

Data-Design-White-Paper

Les prochaines rencontres seront très certainement intéressantes. Rendez-vous le 22 septembre prochain.

Ajout 20/08/2014

Voici le résumé très complet de cette première rencontre Visualisation Montréal de Francis Gagnon de Voilà.